Letroisiemeoeilfr’s Weblog


Les affaires reprennent
February 14, 2008, 12:05 am
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Purée que le temps passe vite! J’ai l’impression d’avoir à peine cligné des yeux, et je me rends compte que ça fait dix jours que je n’ai rien écrit! Ça fait peur. Je suis toujours mon régime crudivore – on appelle ça “alimentation vivante” au fait; je crois d’ailleurs que ça lui rend mieux justice. Depuis mon dernier post, je n’ai quasiment rien mangé de cuit. J’essaie de ne pas être sectaire avec ça, mais comme je l’ai lu sur http://www.welikeitraw.com/: “Nothing tastes as good as being healthy feels” – “Rien n’a aussi bon goût que la sensation d’être en pleine forme”. Et comme ce régime me fait me sentir en pleine forme, il est devenu pour moi aussi naturel que l’était auparavant la nourriture cuite. Je vais faire un aveu: OUI, certains plats cuits me manquent parfois. Mais le bien-être que je ressens avec la nourriture vivante est plus fort que tout. Il y a une semaine, un ami m’invita à manger au restau burger du coin: Jo Burger à Rathmines. Ils font les meilleurs burgers que j’ai mangés sur cette planète. Alors je pris mon préféré: un beef burger à la sauce Thaï piquante. À se rouler par terre. Et pourtant, si le burger lui-même fut divin, la sensation d’après repas ne fut elle pas aussi plaisante: je me sentais gonflé, ballonné, lourd et naze. Pourtant je n’étais pas fatigué ce jour-là. Mais l’effort demandé à mon corps par la digestion produisit ces effets. J’ai remarqué qu’avec la nourriture vivante, je n’ai jamais ce genre de sensation de fatigue, de lourdeur, de manque d’énergie, alors que je les ai souvent avec la nourriture cuite. Rawvolution! ! ! Je ne lasse d’être estomaqué par la réaction de la majorité des gens quand je parle de mes nouvelles habitudes alimentaires… Une réaction de doute, de surprise, de méfiance le plus souvent. Quel danger y a-t-il à se nourrir de légumes frais, fruits frais et secs, noix, graines, à chaque repas, chaque jour? Je ne comprends pas. Et ce qui me surprend plus encore, c’est que cette manière de se nourrir soit l’exception, plutôt que la norme: elle procure un tel bien-être! Dernière remarque: c’est aussi beaucoup plus écolo, car cette alimentation ne produit pour ainsi dire aucun déchet d’emballage. Tout ça en plus du fait que je n’utilise plus d’électricité et moins d’eau…

Quand et si vous rendez visite à welikeitraw.com, ne manquez pas l’article intitulé “Raw Vs Dunkin”. Pour ceux qui lisent l’anglais… Super bien ficelé.

J’ai le sentiment que je prêche, pour la majorité des sujets, à des convertis. Mais l’une des nombreuses raisons qui m’ont poussé à démarrer ce blog était que je voulais prendre ma place. Je grogne toujours que les médias traditionnels nous bassinent avec leur préchi-précha pro libéral, consumériste, croissancéiste, qu’ils nous inondent de pub et qu’en gros ils nous bourrent le crâne des idées qui font tant de bien à leurs propriétaires richissimes que la majorité d’entre nous finit par croire que ces idées vont faire de chacun un François Pinault, un Arnaud Lagardère. Ils ont fini par nous faire accepter le mot “marché” comme un synonyme du mot “démocratie”. Alors j’ai décidé de prendre de la place. Ma place. Parce que la petite place que j’occupe ici, c’est une place qui ne peut être occupée par rien d’autre. Particulièrement pas par quelque chose que je désapprouve ou combats. C’est aussi une autre manière de changer le monde. De faire entendre ma voix. C’est aussi ça, la démocratie, non? Ou bien est-ce juste l’acte qui consiste à élire (ou à ne pas élire… Je n’ai pas voté pour lui, moi…) des représentants que je ne rencontrerai jamais de toute ma vie, et à qui je donne mandat de prendre n’importe quelle décision pendant quatre, cinq, six ans? Et cela, en mon nom? En votre nom? Alors je prends cette petite place. Merci.

Spread the love and increase the peace.

Hubert.

P.S. Une petite citation pour finir en beauté. C’est une de mes préférées ces jours-ci. “Si le monde explose, la dernière voix audible sera celle d’un expert, disant que la chose est impossible.” – Peter Ustinov.



Plus c’est cru, et plus j’adore!
February 4, 2008, 3:37 pm
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Il y a deux semaines de cela, je me suis pris à me demander quelle était la raison pour laquelle nous autres humains étions les seuls animaux de cette création à chauffer et cuire nos aliments. Et soudain j’ai vu cette habitude non comme un impératif naturel, mais comme une habitude culturelle. Alors j’ai décidé de procéder à une petite expérience, et de ne consommer que des aliments crus pendant quelques semaines pour voir quel effet cela aurait sur moi.

À ce jour, je ne voudrais revenir en arrière pour rien au monde. Le changement est incroyable. D’une part, mon niveau d’énergie est beaucoup plus élevé. Et je crois que ma conscience a changé, également. C’est difficile d’expliquer ce qui s’est passé exactement; mais je crois que mon corps me dit que c’est la bonne chose pour moi. Je me sens mieux. Je vois désormais la nourriture cuite comme “morte”. Et ce n’est pas un jugement. C’est ce que me disent mon corps, et mon intuition. J’ai changé mon rapport à la bouffe. Et je suis maintenant beaucoup plus reconnaissant pour ce que j’ai dans mon assiette. C’est un peu comme si je m’étais reconnecté à la source de la nourriture, à la terre, et également à la conscience que la bouffe est une nourriture, une source d’énergie, une source de Vie. Je recommande vivement!

Le changement n’est jamais facile. Il m’a fallu faire preuve de créativité au début. Moi qui cuisinait des pâtes, du riz, ou des nouilles chinoises à chaque repas! Oubliés! Et le pain… Tous cuits. Transformés. Voilà un autre truc, tiens: une grande proportion de notre nourriture actuelle est tellement transformés, manipulée, que nous avons perdu le sens d’où elle vient. En plus, nous nous sommes laissés devenir presque complètement dépendants de grosses industries multinationales pour ce qui est un de nos besoins les plus basiques (comme pour la majorité de nos autres besoins, d’ailleurs…): la nourriture. Du mieux que je peux, je fais mes emplettes à mon marché bio du coin à Ranelagh le dimanche matin. Et je (re)deviens créatif avec la bouffe. Je commence ma journée avec une salade de fruits faite maison, et il m’est difficile de décrire avec des mots le bonheur que cela me donne. Mes repas consistent généralement de salades de crudités, dans lesquelles je mélange quelques uns des ingrédients suivants: carottes, champignons, salami, jambon de Bayonne, salade, brocoli, noix, graines, choux, etc…, accompagnés d’une vinaigrette. Je me suis mis au carpaccio également: pavé de thon coupé en fines tranches mariné dans un mélange d’huile d’olive, de sel et de jus de citron. Délicieux! Je recherche en ce moment un boucher bio pour faire des carpaccio (carpaccii?) de bœuf.

Un autre changement, c’est que je n’ai plus faim en permanence. Auparavant, immanquablement, deux heures après chaque repas, je crevais la dalle: le sucre contenu dans les glucides arrivait rapidement dans le sang, puis son taux redescendait, causant la sensation de faim. Plus maintenant. Et si je veux grignoter un peu dans la journée ou le soir, un mélange de fruits secs et de noix diverses est un pur bonheur! Un autre avantage, et non des moindres, est que ces nouvelles habitudes alimentaires sont bénéfiques pour l’environnement: je n’utilise plus d’électricité pour cuisiner. Dernier avantage, et non des moins plaisants: je perds moins de temps à faire la vaisselle puisque je ne salis presque plus rien!

Alors bien sûr, ce nouveau régime alimentaire est un peu plus coûteux: on peut faire quatre repas avec un paquet de nouilles à 3 euros. Les aliments frais coûtent plus chers, c’est une réalité. Mais avec les économies que je fais en électricité, je pense qu’en fin de compte la différence ne devrait pas être si énorme. Et puis l’énergie et le plaisir que j’en tire n’ont pas de prix.

Spread the love and increase the peace. Et ne vous moquez pas avant d’avoir essayé!

Hubert.



Louise
February 3, 2008, 12:24 am
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Elle s’appelle Louise. Elle doit approche la trentaine. Pas très grande, mince, elle a de très beaux yeux noisette, plein de vie et de présence, et des cheveux châtain. Elle est polie, mais un peu en boule contre ce qu’elle appelle “l’ignorance” des gens. (“Ignorance”, dans la langue anglaise, dépeint une attitude par laquelle on “ignore” l’autre, on ne lui prête pas attention.) J’ai rencontré Louise à l’extérieur du Project Arts Centre (sur Exchequer Street à Dublin, pour ceux qui connaissent), où j’étais venu voir une pièce de théâtre. C’est elle qui a fait le premier pas. Par un hasard du sort, je l’avais déjà remarquée quelques heures auparavant, sur George Street, en me rendant au Project. Et voilà que trois heures plus tard, je la retrouve au Project!

Je l’avais remarquée elle plus que qui que ce soit d’autre ce jour-là parce qu’elle était assise par terre devant un charity shop (magasin de ventes d’articles d’occasion, donnés par des gens, dont le produit des ventes vont à une organisation caritative) en ce glacial après-midi de février. Je l’avais remarquée elle plus que qui que ce soit d’autre parce qu’elle portait un pantalon de pyjama. Pas un jean, une jupe à la mode ou une belle robe à fleurs: un pantalon de pyjama. Le 2 février 2008. Il faisait pas chaud, aujourd’hui… Je dirais même que ça caillait. Je portais un “Marcel”, un T-shirt, un pull, une veste de survet’ à capuche, et un manteau. Et j’étais bien content d’avoir tout ça sur le dos! La raison pour laquelle elle fit le premier pas est qu’elle venait me demander un peu d’argent. Très gentiment, très humblement. Elle dit aussi, avec une petite voix, presque sans colère, qu’elle en a marre de l’attitude des gens qui font comme si elle n’existait pas.

Louise, vous avez dû le comprendre, est sans-abri. Je lui donnai deux euros, et nous nous mîmes à parler. Elle me raconta l’histoire suivante: quelques heures plus tôt, poussée par le froid dont ne la protégeait pas son pyjama, elle rentra dans le charity shop, Enable Ireland, avec l’espoir qu’on lui donne un pantalon digne de ce nom. Elle était sortie de l’hôpital la veille, marche avec des béquilles, et elle me raconta qu’elle avait une plaie ouverte à la jambe. Donc la voilà qui entre, explique sa situation à la vendeuse (les vendeurs/euses sont bénévoles), et demande si elle voudrait bien lui donner un pantalon, même le moins cher. “Désolée, mais je ne peux pas faire ça… Je me ferais engueuler.”, lui dit la vendeuse. Louise discute encore un peu, essayant quelques mots pour essayer d’attendrir la vendeuse, mais sans succès. Alors Louise ressort, s’assied devant le magasin, et se met à mendier, espérant qu’on lui donne quelques euros pour qu’elle puisse s’acheter le pantalon précieux et si nécessaire.

Quelle est cette société où la vendeuse d’un magasin de charité (sic!) refuse, en plein hiver, parce qu’elle a peur de se “[faire] engueuler”, de donner un pantalon à une jeune fille sans abri qui marche avec des béquilles? Quelle sorte de charité est-ce que cette charité qui refuse de donne gratuitement un pantalon qui lui a été cédé? Que cherche Enable Ireland? (qui est, au fait, une association caritative dont la mission affichée est de “venir en aide aux personnes handicapées”.) Sont-ils vraiment là pour “venir en aide aux personnes handicapées”? Ou bien sont-ils devenus, et comme je le pense la plupart des organisations caritatives, juste une organisation commerciale uniquement préoccupée par sa propre croissance, et sa propre gloire, comme n’importe quelle entreprise?

Cette histoire se termine un peu moins amèrement pour Louise: après avoir mendié suffisamment longtemps pour obtenir assez pour pouvoir s’offrir un pantalon, Louise rentra encore une fois dans le magasin, où la vendeuse lui donna un haut gratuit pour l’achat du pantalon. Louise m’a raconté que la plus grande source de souffrance pour elle est le regard des autres. Ou plutôt, l’absence de regard des autres. Les gens qui ignorent jusqu’à sa présence. Elle en a tellement marre de cette absence de reconnaissance qu’à ce point, elle préfèrerait qu’on lui dise de “dégager” (“fuck off” selon ses mots en anglais) plutôt que d’être ignorée. Je suis très reconnaissant envers Louise. Aujourd’hui, elle m’en a dit plus sur la réalité de notre société qu’une année entière de télé. Louise, je prie pour toi. Et je te demande pardon de n’avoir pas trouvé le courage de te  demander si tu avais besoin de quoi que ce soit d’autre que les deux euros et les quelques minutes que je t’ai donnés.

Spread the love and increase the peace.

Et n’oublions jamais les gens à qui personne ne donne la parole. Eux aussi ont une histoire. Et eux aussi ont des leçons à nous apprendre.

Hubert.



Les courses
February 1, 2008, 1:42 pm
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Ce matin, je faisais mes courses. Comme il n’y a qu’un marché bio dans mon quartier, et une seule fois par semaine, j’ai dû me résoudre à rendre visite à mon supermarché local, Superquinn. Au moins ils ont un rayon bio, c’est déjà ça… J’avais besoin d’ail. (Un des aliments de base de tout bon français semble-t-il…) Quelle ne fut pas ma surprise de découvrir que la petite étiquette en indiquant la provenance disait: “China”. Bon. Je n’ai rien contre la Chine ou les Chinois; ce sont des gens comme vous et moi, et je suis sûr que ce sont des gens parfaitement décents avec ça. Ça n’est pas le problème. Non. Le problème, c’est que j’aimerais bien que quelqu’un m’explique ce que moi, la société et le monde en général avons à gagner lorsqu’un ail doit parcourir 15 000 Kms pour arriver sur le rayon de mon supermarché. Est-ce que l’ail n’est pas cultivable en Irlande? Et si il ne l’est pas, pourquoi en ai-je besoin? Pendant des milliers d’années, les peuples du monde entier ont survécu, et vécu, sans mondialisation féroce, sans échanges internationaux massifs, subsistant grâce aux productions locales. Si ces productions n’avaient pas suffi, la vie humaine aurait disparu. Mais voilà, nous sommes toujours là. Alors quelle est cette folie qui nous prend qui fait qu’on se crée tant de besoins imaginaires et superflus pour des produits qui doivent voyager des milliers de kilomètres pour nous parvenir? Je plaide coupable: moi aussi je mange des bananes, des pamplemousses, etc. Ile ne poussent pas en Irlande. Ou même en Europe. Œuf ou poule? Est-ce qu’on trouve des bananes dans nos supermarchés parce qu’on les demande? Ou est-ce qu’on achète des bananes parce que les supermarchés nous les rendent disponibles?

Peu importe. Je vous renvoie à la citation de Bernanos dans le post ci-dessous. Il parle de responsabilité personnelle. Si je veux que mon supermarché arrête d’importer de l’ail de Chine, faut que j’arrête d’en acheter. Et des bananes. Seigneur, donne moi la force de renoncer à mon addiction à l’ail chinois et aux bananes équatoriennes! Et aide moi à refuser de faire mes courses en supermarché, et de refuser de croire au consumérisme. Le monde entier, l’environnement, et en fin de compte ma petite personne, ont tout à y gagner. “Ils ne sont grands que parce que nous sommes à genoux.” Étienne de La Boétie.

Spread the love and increase the peace.

Hubert.




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